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Cyclisme de haut niveau : des stratégies à transposer en entreprise

A la veille du lancement du Tour de France 2021, EF Corporate organisait une table ronde avec le coureur Simon Carr de l’équipe de cyclisme internationale EF Education First-Nippo et Séverine Desbouys, ex-cycliste professionnelle qui a fondé son propre cabinet en stratégie. Un évènement qui a permis de montrer comment les valeurs sportives peuvent utilement être transposées dans le milieu entrepreneurial.

De plus en plus de sportifs professionnels trouvent leur place dans l’entreprise. Quelles que soient les disciplines, les carrières en compétition sont courtes. Or ces athlètes de talent sont à même de s’offrir de nouvelles perspectives, en dehors de l’intégration d’une fédération ou des fonctions naturelles d’entraîneur. Car l’expérience, les qualités et les compétences qu’ils ont développées peuvent être très appréciées hors de l’environnement sportif.

Séverine Desbouys, un temps leader d’une des rares équipes cyclistes professionnelles féminines au début des années 2000, Gas Sport Team, a été contrainte d’interrompre son ascension après un grave accident. Elle a alors décidé de créer un cabinet international de conseil en stratégie, intelligence économique et lobbying, spécialisé dans l’implantation de sociétés à l’étranger (DSC). « Les leaders en cyclisme sont des personnes qui fédèrent, qui ont et inspirent confiance, résume-t-elle. Ils sont diplomates mais savent aussi dire non. Finalement c’est naturel pour un leader de devenir un manager. »

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Conférence Live du 24 Juin 2021 – De Gauche à droite : Alain Mauriès, Soline Laforcade, Séverine Desbouys

 

Le sport de haut niveau permet de développer des personnalités habituées à la compétition et motivées par « la gagne ». « Nous nous levons le matin avec cette envie de remporter quelque-chose, toute notre semaine est structurée pour la performance, souligne Séverine Desbouys. Et cela se décline dans tous les compartiments de nos vies : l’entreprise, la famille, la vie personnelle. »

L’envie de gagner, la valorisation des efforts investis, par le sportif mais aussi par l’entourage qui l’accompagne et le soutient, constituent un carburant remarquable pour le dépassement de soi et l’accès à l’objectif. En cyclisme, le travail d’équipe est organisé, certes, autour d’un leader, mais toujours construit collectivement avec une répartition des rôles et des profils. « Il y a le grimpeur, le rouleur, le leader…, évoque Séverine Desbouys. Tous entre nous nous échangeons et nous transmettons beaucoup de nos expériences. » Bien sur il faut ajouter l’apport en deuxième ligne des soigneurs et préparateurs techniques. « Il y a toutes ces personnes derrière et avec nous que l’on a pas le droit de décevoir », remarque Simon Carr coureur dans l’équipe EF Education First-Nippo. A 22 ans, le jeune-homme n’est professionnel que depuis 2020. Il ne pense pas encore à sa reconversion. Pourtant, il sait déjà que pour gagner le travail d’équipe est fondamental – tout comme en entreprise.

Parmi les autres spécificités du vélo, Séverine Desbouys attire l’attention sur l’importance du non verbal. « On s’exprime beaucoup mais pas uniquement par des mots. Lorsqu’on monte un col, ou qu’on est dans la roue d’un autre, on ne parle pas mais pourtant on se comprend. Et dans le monde des affaires, pour les négociations, c’est pareil, on ne formule pas tout, les intentions s’expriment autrement. » L’ancienne cycliste évoque aussi une particularité de cette discipline : « Elle développe l’humilité parce qu’on est à la fois son propre moteur et sa propre carrosserie. » La cheffe d’entreprise en sait quelque-chose, elle qui a du enchainer neuf mois de rééducation après une fracture des deux genoux… « Mais je suis repartie, j’ai rebondit ». Car à titre individuel, l’état d’esprit et l’expérience du sportif de haut niveau aide même à dépasser l’échec. « Nous apprenons à digérer les difficultés. Comme en cyclisme, parfois on monte et parfois on descend, et il faut savoir gérer ces deux phases », observe Séverine Desbouys.

Enfin, la pratique d’un sport d’équipe au niveau international permet également d’expérimenter le multiculturalisme. « On peut prendre le meilleur de chaque culture, résume Simon Carr. On apprend à nouer de bonnes relations avec tous dans le peloton, à créer un lien avec des publics de tous les pays. » Malgré les différences linguistiques, tous les membres de l’équipe parviennent rapidement à se comprendre grâce à la langue anglaise mais surtout grâce aux valeurs partagées. Une richesse unique qui prépare parfaitement à celle qui fait le terreau des plus grandes entreprises.

 

A coup sur, l’entreprise peut donc s’inspirer de certaines des stratégies du cyclisme de haut niveau. Il lui faudra miser sur la complémentarité des personnalités et des fonctions tant au niveau du recrutement que du fonctionnement. Elle pourra identifier les leaders, ceux qui sont en mesure de fédérer leurs collègues et d’inspirer la confiance.

Mais elle devra également valoriser le rôle et les compétences de chacun dans l’atteinte de l’objectif collectif : pas de petite mission ou de sous-fifre dans une équipe, celui qui emporte le contrat y parvient parce que l’ensemble des collaborateurs est capable de remplir la mission confiée. Le développement de la solidarité au sein de l’équipe peut aussi représenter une valeur à encourager.

Enfin, tout collectif de travail gagnera à s’enrichir de profils pluriculturels, dont il faudra articuler les approches, modes de pensées et d’agir variés, voire utiliser la culture générale, pour accéder à de nouveaux marchés ou proposer des services innovants.

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